Arthus Bertrand, l'art de la médaille depuis 1803

Fondée à Paris en 1803 par Claude Arthus-Bertrand, la maison Arthus Bertrand est avant tout celle d'un médailleur. Façonnant depuis plus de deux siècles les grandes décorations françaises, dont la Légion d'honneur, elle a fait de la médaille un art à part entière. C'est en 1925 qu'elle porte ce savoir-faire vers l'intime, en créant ses premières médailles de baptême. Aujourd'hui encore, ses pièces sont gravées et façonnées en France, héritières d'une tradition que peu de maisons peuvent revendiquer.

De la décoration officielle à la médaille de baptême

L'histoire d'Arthus Bertrand se confond avec celle de la médaille française. Ancien officier de marine devenu éditeur de gravures patriotiques au lendemain de la Révolution, Claude Arthus-Bertrand oriente bientôt la maison qu'il fonde en 1803 vers le travail du métal, les insignes et les décorations. Tout au long du XIXe siècle, elle s'impose comme l'un des grands fournisseurs des distinctions officielles de la France. Ce lien avec l'État ne s'est jamais défait : la maison façonne aujourd'hui encore les six grands ordres nationaux, de la Légion d'honneur à l'ordre national du Mérite. Au milieu du XXe siècle, Henri Arthus-Bertrand signe d'ailleurs le grand collier de la Légion d'honneur comme la médaille du Mérite.

De la décoration honorifique à la médaille que l'on porte au cou, il n'y avait qu'un pas. La maison le franchit en 1925, lorsque André Arthus-Bertrand lance une collection de médailles de baptême et engage l'aventure joaillière du nom. La même rigueur, le même goût du symbole et du relief passent alors de l'uniforme à l'écrin. Au fil des générations, cette double identité — celle du médailleur officiel et celle du créateur de bijoux de naissance — n'a cessé de se nourrir. Voilà ce qui fait la singularité d'une médaille de baptême Arthus Bertrand : elle ne descend pas d'un simple atelier de bijouterie, mais d'une tradition de médailleur, pensée pour être gravée, lue et transmise.

L'art du médailleur, du relief à la gravure

Une médaille n'est pas un bijou comme les autres : elle naît d'un art ancien, celui du médailleur. Tout commence par le dessin d'un motif, puis par sa sculpture en relief, avant que le disque de métal ne prenne forme sous la frappe et n'en révèle les creux et les pleins. Arthus Bertrand travaille principalement l'or 18 carats, dans ses teintes jaune et blanche, qu'elle marie volontiers à la nacre pour les pièces de cérémonie, plus douces et lumineuses. La maison s'est aussi engagée dans une démarche plus responsable, en recourant à l'or recyclé. Chaque création est façonnée en France, dans ses ateliers de Saumur et de Palaiseau, où près d'une centaine d'artisans perpétuent ces gestes.

Au-delà de la frappe, c'est la gravure qui achève chaque médaille et la rend unique. Si la face s'admire pour son motif, c'est au revers que la pièce devient personnelle : un prénom, une date, quelques mots y inscrivent la mémoire d'un événement. Cette personnalisation est au cœur de l'objet, et fait d'une médaille de baptême bien davantage qu'un pendentif : un repère, daté et nommé, que l'enfant gardera. Le savoir-faire de la gravure, hérité de l'art des décorations, assure un tracé net et durable, qui traverse le temps sans s'effacer. De l'or au geste du graveur, tout concourt à faire de la médaille une pièce que l'on conserve et que l'on offre de génération en génération.

Une médaille à lire et à transmettre

Si la médaille religieuse et de baptême reste sa signature, Arthus Bertrand en a fait un terrain de création d'une grande liberté. Aux figures sacrées — anges, vierges, croix — répondent un bestiaire poétique, les signes du zodiaque, des lettres à personnaliser ou des motifs résolument contemporains. La maison a même confié ses disques de métal à de grands artistes du XXe siècle, de Fernand Léger à Niki de Saint Phalle, élevant la médaille au rang d'œuvre miniature. Cette ouverture explique la diversité des styles : une même pièce peut se vouloir très figurative et classique, ou au contraire épurée et moderne, selon le motif et l'interprétation qu'on en donne.

Au fond, une médaille raconte toujours une histoire. Offerte à l'occasion d'un baptême ou d'une cérémonie, elle marque un seuil dans une vie et accompagne celui ou celle qui la reçoit, souvent bien après l'enfance. C'est là toute la philosophie d'Arthus Bertrand : faire d'un disque de métal gravé un objet de sens, plus précieux par ce qu'il signifie que par ce qu'il pèse. Choisir l'une de ses médailles, c'est privilégier la mémoire et le symbole à l'effet, et offrir un présent destiné à durer, à être porté puis transmis. Une création pour les familles qui aiment marquer les grands moments d'un signe tangible, et faire d'un bijou le gardien d'un souvenir.