Pomellato, la joaillerie qui prend ses libertés
Fondée à Milan en 1967 par Pino Rabolini, Pomellato a inventé une joaillerie de couleur et de caractère, pensée pour être portée chaque jour. Héritier d'une famille d'orfèvres milanais, son créateur fut le premier à transposer l'esprit du prêt-à-porter dans l'univers du bijou, jusque-là réservé aux grandes occasions. Entrée dans le groupe Kering en 2013, la maison rayonne à l'international et cultive une signature reconnaissable entre toutes, portée par sa collection emblème : Nudo.
Une maison née de l'esprit libre de Milan
L'histoire de Pomellato est née dans les ateliers d'orfèvrerie de Milan. Pino Rabolini (1936-2018) grandit au sein d'une famille spécialisée dans la fabrication de chaînes et de bagues, un héritage technique dont il reçoit le goût avant de vouloir le bousculer. En 1967, il fonde sa propre maison autour d'une idée alors inédite : faire du bijou un accessoire de mode que l'on porte au quotidien, et non une parure d'apparat réservée aux cérémonies. Indépendant, familier du quartier de Brera et du Bar Jamaica où se croisaient artistes et comédiennes, il puise son inspiration auprès de ces femmes dont il admirait l'assurance et la liberté. C'est à elles qu'il destine ses premières créations.
Cette intuition fonde durablement l'identité de la maison. Pomellato impose dès les années 1970 le rythme des collections, à la manière d'une griffe de mode, et fait de la chaîne — motif venu de son savoir-faire familial — un fil conducteur qu'elle réinterprète au fil des décennies, des lignes Catene à Iconica. Devenue propriété du groupe Kering en 2013, elle conserve son ancrage milanais et l'audace qui l'anime depuis l'origine. La maison revisite régulièrement ses créations historiques, prolongeant la vision du fondateur sans jamais la décalquer. De cette continuité naît une joaillerie qui se transmet et se porte, fidèle à l'idée première : un bijou fait pour la vie de tous les jours, non pour la vitrine.
L'art de mettre la pierre à nu
Derrière son apparente spontanéité, Pomellato s'appuie sur un savoir-faire artisanal hérité de la tradition milanaise. Les artisans recourent notamment à la microfusion, technique de fonte à la cire perdue qui permet de modeler l'or avec une grande liberté de formes. La maison travaille volontiers l'or 18 carats, l'or rose étant devenu sa teinte de prédilection, chaleureuse et immédiatement identifiable. Sa démarche, parfois résumée par l'idée de gemmes libres, place la pierre au centre de tout : chaque gemme est choisie pour son caractère propre, puis montée dans un sertissage discret qui la met en avant plutôt que de l'enserrer. La couleur n'y est jamais un ornement secondaire, elle est le sujet même du bijou.
La collection Nudo, lancée en 2001, résume cette exigence. Son nom — « nu » en italien — dit l'essentiel : la pierre y paraît dénudée, dépourvue de griffes apparentes, retenue par un système de fixation dissimulé à l'intérieur du chaton. Inspirée de la forme du cabochon, elle est en réalité facettée : les artisans taillent à la main cinquante-sept facettes irrégulières, un travail qui demande près de quatre jours par bague et confère à chaque gemme sa lumière singulière. Topaze Blue London, prasiolite, améthyste, pierre de lune ou tourmaline : la palette est vaste, et les pierres se montent sur or rose ou or blanc serti de diamants. Conçues pour se superposer, les bagues Nudo invitent à composer un accord de couleurs personnel.
La couleur comme manière d'être
L'esthétique de Pomellato se reconnaît à sa joie franche et à son refus des conventions. Là où la joaillerie classique cultivait la pierre blanche et la pièce de cérémonie, la maison milanaise a fait le pari de la couleur vive, des volumes généreux et d'une beauté non conventionnelle. Le bijou s'y porte au présent, dans la rue comme à un dîner, seul ou accumulé. Cette liberté de ton — assumer une améthyste auprès d'une tourmaline, mêler les teintes comme on assortit une tenue — donne aux créations leur allure inimitable : moderne, sensuelle et sans la moindre raideur. Rien n'y est figé, tout y respire le plaisir de porter.
Au fond, Pomellato a toujours parlé d'indépendance. En proposant aux femmes des bijoux qu'elles pouvaient choisir et s'offrir elles-mêmes, la maison a fait de la couleur un langage et du bijou un marqueur d'affirmation personnelle, bien plus qu'un présent reçu. Ses créations s'adressent à une femme qui n'attend pas une occasion pour se parer, qui assortit ses pierres à son humeur et voit dans le bijou le prolongement de sa personnalité. Chez Pomellato, l'élégance se conjugue au présent : libre, colorée et résolument moderne, elle préfère toujours l'expression de soi au respect des conventions.